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REVIEWS EN ACCELERE

 

 

VARIOUS ARTISTS – THE NEW CRAZY – DEEP ELM – 06 juillet 05

 

En quelque sorte le sampler 2006 pour Deep Elm. Et ça commence terriblement bien avec deus hymnes punk-pop d’une qualité impeccable, signés Latterman et Lock And Key. Par contre je me fais porter pâle avec l’emo/ punk-rock hardcore d’un Fightstar ou d’un Clair de Lune. Un inédit de Sounds Like Violence met en appétit pour l’album à venir sans non plus transcender. Un morceau étonnamment calme nous est livré par Benton Falls. Country pop rock pour Secondhand Stories, toutes guitares électriques dehors pour Burns out Bright déjà moins épuisants que les pénibles Eleven Minutes Away punk hardcore qui prennent le relais.    

 

Il faut attendre le retour de Latterman en dixième position pour que le sourire renaisse sur nos lèvres. Mais déjà il s’envole à nouveau et on travers rapidement les contribution des Clair de Lune, Slowride. Mais la joie revient avec un excellent morceau de Settlefish qui pourtant n’a pas convaincu sur la longueur de son dernier album. Surtout que les grandioses Suédois de Surrounded prennent alors le relais, songwriting indie mélancolique au rendez-vous. Un morceau de l’album à venir de Desert City Soundtrack nous permet d’avoir à leur propos les plus grandes attentes, apaisé, romantique, entre cuivres et piano, un rêve.   

 

Dans le dernier tiers du disque, Deep Elm se paie une séquence rétro noisy et énervée, revisitant son patrimoine, des Planes Mistaken For Stars à Sounds Like Violence (you give me hart attacks !!!!!!, toujours excellentissime) , de The Appleseed Cast (‘steps and number’, emo-shoegazing paradisiaque dans une version alternative) à Brandtson (‘the rookie year’, tendre chanson emo mélodique).

 

JERRY FELS – HOW TO MAKE ENEMIES AND INFLUENCE STRANGERS – NOBODY’S FAVORITE RECORDS – 05 juillet 05

 

Troisième album de l’Américain Jerry Fels à traverser ces pages. Si le premier a été reçu correctement, signalant toutefois que la geste lo-fi de Jerry peinait à celle de ses glorieux aînés (Chris Knox, Eric Metronome ou les Mountain Goats  pour en citait quelques-uns), le second, sous le pseudo The Short Happy Life a été expédié manu militari, tout simplement imbuvable. C’est donc avec de légers doutes que j’aborde ce disque. L’impression première est plutôt bonne,  Jerry semble être retourné à ses premières amours. Malheureusement le résultat n’est guère plus enthousiasmant que la première fois, la démarche est très positive, songwriting lo-fi, guitare + voix et résultat spontané avec de temps en temps l’un ou l’autre instrument supplémentaire. Cependant les chansons échouent systématiquement à se fixer en mémoire, à déployer ne serait-ce qu’un quelconque intérêt après une écoute ou deux.

 

FOREST GIANTS – UFO STORIES – BREAKING DOWN – 04 juillet 05

 

Retour du duo composé par Tim Rippington (guitare et chant), ancien leader des Beatnik Filmstars et Ruth Cochran à la basse, ancien membre des Blue Aeroplanes, accompagnés dorénavant de Tom Adams à la batterie et de Paula Knight au violon et claviers. On reste plus encore que sur le premier ep dans un certain indie rock noisy du début des années nonante avec une touche anglaise plus prononcée. Les trois premiers morceaux sont trop noisy, confus et new wave pour me retenir. Il me faut attendre la quatrième chanson moins électrifiée pour raisonnablement accrocher, quelque part entre Luna, Stone Roses et Spacemen 3.  ‘Late night in the park’ pourrait être un inédit de Galaxie 500. Pas mal aussi, un titre caché en fin de course qui montre le groupe plus nerveux et inquiet mais toujours dans une veine proche des deux morceaux dont j’ai parlé, en space pop neurasthénique. Dommage que le groupe n’en fasse pas son cheval de bataille sur tout le ep car il est bien moins convaincant lorsqu’il opte pour des pop songs plus uptempo et directes.

 

HONEY FOR PETZI – MAN’S RAGE FOR BLACK HAM – GENTLEMEN / RUMINANCE – 03 juillet 05

 

J’ai bien aimé le premier album de ‘Honey For Petzi’ qui coïncidait avec ma découverte d’une scène post-rock suisse fertile et assez enthousiasmante (Toboggan, Tricycle Evolutif, Seaplane Harbor,..). J’ai zappé leur seconde album, en phase à cette époque avec une saturation en ce qui concerne le post-hardcore basique / aride tendance Shellac / Fugazi. Un peu plus tard je tombe sur leur projet parallèle Machnick qui bien que séduisant ne parvient pourtant pas à briser la glace. Voici donc maintenant le troisième album du trio lausannois : ‘man’s rage for black ham’ coédité par Gentlemen et Ruminance (maison-mère de Gordz, Cheval de Frise ou Chevreuil) chez qui Honey For Petzi se trouve idéalement entouré. On sent que le groupe a tenté d’évoluer, injecte un peu de chant, des sons exotiques mais en fin de compte ne sort pas de son près carré, tendu, propre, technique et suscitant guère l’attention.

 

THE FLOATING CITY – ENTERING A  CONTEST – FIRST FLIGHT – 02 juillet 05

 

Jusqu’ici les sorties sur First Flight s’apparentaient à un sans faute autour de Potomac Accord, Emery Reel et Anamude. Malheureusement le ‘Entering a contest’ vient y mettre un terme avec l’arrivée sur le label de The Floating City, un groupe qui si on n’arrivera pas à lui faire de critiques esthétiques précises n’arrive jamais à éveiller notre attention. Les mélodies sont basiquement pop rock et un peu arty, le chant ressemble quelque peu à celui de David Grubbs, la présence et la profondeur en moins. La musique est riche, le quintette de Saint-Louis prend soin de ses chansons : rhodes piano, violon & violoncelle, guitares, basse, claviers, batterie, vocaux et chœurs mais on ne sort pas de ces ambiances pop rock jazzy probablement plus en phase avec les années 70 & 80 qu’avec les 90 & 00.

 

65 DAYS OF STATIC – THE FALL OF MATH – MONOTREME – 01 juillet 05

 

Quatuor anglais, 65 Days of Statif propose sur son premier album un (post)-rock instrumental noisy, dynamique, aux nombreuses touches électroniques et qui a l’avantage de laisser tomber les clichés épiques et pompeux du genre. Bien fait, puissant, énergisant, honnête, le groupe ne devrait pas avoir du mal à se constituer un public. Pour ma part, l’absence de passages calmes ou subtils rend l’écoute vite saturante.

 

VARIOUS ARTISTS – JAR – PICKLED EGG – 30 avril 05

 

Le label anglais Pickled Egg se compile sur un double CD massif histoire de faire le bilan et de jeter un coup d’œil en arrière à l’occasion de cette cinquantième sortie. Parfois pop et touchant, souvent expérimental et lourd à la digestion, le chemin de Pickled Egg a parfois croisé ces pages.

 

ONE UMBRELLA – SOLVE – TELL ALL RECORDS – 29 avril 05

 

Après avoir goûté à la face la plus douce et mélodique de Tell All records via une première compilation et l’album de Liam Singer, nous voici maintenant confronté aux constructions plus expérimentales et âpres d’un One Ummbrella, duo instrumental d’Austin qui dans une autre vie aurait très bien pu sortir cet ep dans la collection Made To Measure du label Crammed ou parmi le catalogue de Sub Rosa. Une moitié des morceaux provient d’un album précédent et l’autre du prochain, on peut dès lors se poser la question de l’intérêt de l’objet.

 

MICHAEL NACE – YOUR MEEKNESS GIVE ME HOPE – MINDWALK – 28 avril 05

 

J’ai plutôt aimé les deux albums solo de Michael Nace mais je dois bien avouer ne pas trop accrocher à ce troisième volume qui perd en mystère, introversion et en complexité, s’éloigne encore un peu plus de toute mouvance indie pour devenir du folk rock bien plus conventionnel et direct comparé aux deux précédents albums, ce qui me laisse complètement indifférent.       

 

LYCIA – ESTRELLA – SILBER – 27 avril 05

 

Silber réédité cet album de Lycia datant de 1996. Pure darkwave éthérée avec un chant féminin, réminiscent des débuts des Cocteau Twins ou de Dead Can Dance, planant, sombre, noir, glacé et définitivement new wave.       

 

ROLLERBALL – CATHOLIC PAWS / CATHOLIC PAUSE – SILBER – 26 avril 05

 

Onzième album pour cette formation expérimentale américaine et troisième à paraître sur Silber. Rollerball y explore plus que jamais les limites floues entre structure et improvisation, expérimentation et composition, ombre et obscurité, suivant de temps à autre une mélodie hantée puis filant dans des ouvertures free jazz, cabaret noir, psychédéliques, drone ou free. Unique.   

 

STRANGE – THINGS IN NIGHT – PIDGEON ENGLISH – 25 avril 05

 

Rock noisy aux accents new wave / goth, Strange semble s’être trompé de décennie, nous venant tout droit de la fin des années 80, distillant sa propre version de Sonic Youth, Joy Division, Jesus Lizard, Cure ou The Cult. Pas trop ma tasse de thé musicalement.  

 

STRUCTION – 13 MINUTES OF LOVE AND DOOM – NORESTEAR FAILED INDUSTRIES – 24 avril 05

 

Noise rock concassé comme dans les premiers disques de Unwound, Trumans Water ou Sonic Youth mais croisé de l’un ou l’autre élément typique à la génération Skin Graft, Struction prend le parti de l’inaudible ou presque, nerfs à nus, noise rock et spasmes incontrôlables. Un peu trop épicé pour moi. 

 

DEF HARMONIC – ALL THESE WORLDZ – BRILLIANTE – 23 avril 05

 

Le moins que l’on puisse dire c’est que ce label de Milwaukee est très ouvert, eclectique dans ses goûts et les styles qui défend, passant de The Love of Everything (pop emo lo-fi) à Superaquello (pop sud-américaine électronique) en passant par du post-rock, du post-hardcore et maintenant du hip hop ici. Bien plus hétérogène que mes goûts personnels moi qui retrouve tout simplement incapable d’évaluer ce disque.

 

AHLEUCHATISTAS – THE SAME AS THE OTHER – NORESTEAR FAILED INDUSTRIES – 22 avril 05

 

Mélangeant prog-rock, éclats punk, jazzy, hardcore et math-rock, ce trio classique basse / guitare / batterie propose un album furieux et concassé, terriblement intense et iconoclaste. Oreilles sensibles s’abstenir, amoureux des structures compliquées, techniques et improbables, ceci est pour vous.

 

URDOG – EYELID OF MOON  SECRET EYE – 21 avril 05

 

Entre freefolk, psychédélisme et krautrock, Urdog mélange les ingrédients mais pas plus que sur leur premier album je n’accroche aux pérégrinations du trio. 

 

UNDER SHOOTING STARS – PILLOWS OUT OF SWEATERS – BEST KEPT SECRET – 20 avril 05

 

Lo-fi bedroom synthop assez entraînante pour ce duo philippin, avec un brin de paresse dans la voix et dans l’interprétation qui rappelle les Pastels des débuts. La cassette se termine par une reprise des Lucksmiths. Par moment la résultat est encore approximatif mais on sent un talent certain, il est probable que le groupe finira par faire parler quelque peu de lui si sa courbe ascendante continue. En tout cas c’est le premier représentant de cette scène twee philippine qu’il m’est donné d’entendre après en avoir entendu largement parler en bien. Dieu sait quelles autres merveilles cette nouvelle scène exotique peut encore cacher ?

 

TRIPTONIC – 10 SHORT TALES – AUTOPRODUIT – 19 avril 05

 

Indie rock typique aux accents post-rock pour cette formation strasbourgeoise minée par une production quelque peu brouillonne, un chant pas toujours suffisamment affiné et un mixage déficient. Il leur faudra nettement mieux faire pour s’assurer une place au soleil, convaincre un public et tourner efficacement. Aucun doute sur la présence d’un potentiel, reste à singulièrement améliorer l’expression, les Parisiens de Exsonvaldes y sont arrivés de même qu’une bonne poignée de groupes francophones belges, alors pourquoi pas eux ?

 

TRAVELLING BELL – SCATTER WAYS – SECRET EYE – 18 avril 05

 

Ce projet solo de Kathleen Baird (Spires That in the Sunset Rise) peut me faire penser à Vashti Bunyan, The Iditarod, Nico, Half Asleep ou à Sharron Kraus, mais il y a quelque chose qui semble figé dans sa musique qui m’empêche de totalement m’y abandonner, trop minimaliste et conventionnellement folk. De même la voix manque quelque peu de chaleur et d’émotion. Pas que ce disque soit insensible, plutôt qu’il reste centré sur un spectre étroit dont il ne s’éloigne pas et du coup demande beaucoup d’efforts pour y rentrer. Si la musique était plus riche d’arrangements sans doute que tout aurait pu être différent. Pas assez de surprises et d’intensité au rendez-vous.

 

LIE 077

TEA – EVERYBODY’S HAPPY SOMETIMES (AND MORE) – BEST KEPT SECRET – 17 avril 05

 

Intégrale de 22 titres d’un obscur groupe anglais du milieu des années nonante. Je n’accroche pas du tout.

 

TARA VANFLOWER – MY LITTLE FIRE-FILLED HEART – SILBER – 16 avril 05

 

Joli nom, jolie pochette, mais pour la musique c’est plutôt la pleine plongée en territoire gothique, mais on comprend vite avant même que le disque ne soit dans le lecteur. Tare pose à l’intérieur de la pochette, habillée en noir, chevelure d’un noir geai, peau d’une blancheur maladive, les paupières maquillées en rose. Tout le disque n’est que vocalises gothiques et sombres de la dame, accompagnées de nappes glaciales. De quoi rapidement saper le moral.

 

STUNTMAN 5 – MELTED, PLASTIC FAKE – COLLECTIF EFFERVESCENCE – 15 avril 05

 

Difficile de situer ce groupe tant il semble à la croisée des genres, entre indie, hip hop, post-rock et electronica ; On pense au Mercury Rev des débuts, à Rollerskate Skinny, My Bloody Valentine Chemical Brothers et trente seconde plus tard on se retrouve en plein territoire hip hop avec des breakbeats ou dans du trip hop instrumental. Trop confus pour moi.  

 

THE SORAYAS – THE SORAYAS – BEST KEPT SECRET - 14 avril 05

 

Trio de pop indie noisy et sautillante originaire de Suède. 

 

SAUVIE ISLAND MOON ROCKET FACTORY – STOLEN: HONDA DREAM – BEST KEPT SECRET - 13 avril 05

 

Toute la discographie de ce trio de Portland semble être sortie en cassette uniquement sur le label italien Best Kept Secret. Etrange. SIMRF (pour faire court) est une formation indie américaine qui semble très focalisée sur la pop des années soixante et septante mais qu’on peut aussi rapprocher de Ladybug Transistor ou Neutral Milk Hotel,.

 

REMORA – ENAMORED – SILBER - 12 avril 05

 

Après quatre ans d’absence, Remora revient. J’avais bien aimé ses contributions au disque ‘The Alcohol eps’ qu’il partageait avec Rivulets et Pale Horse and Rider. Par conte je n’avais pas accroché à son précédent album ‘Some past’s future’. C’est donc quelque peu inquiet que je m’avançais vers ce nouveau disque dont les morceaux ont été sélectionnés parmi une centaine de titres que Brian John Mitchell avait enregistré ces quatre dernières années.  On navigue entre ambient sombre et plutôt contemplatif et des chansons folk lo-fi atones ou Brian chante d’une voix étouffée et dépressive, accompagné d’une guitare et de sons réverbérés. Si l’illusion peut se maintenir le temps d’un ep, quatorze titres d’affilée comme ici ont tôt fait de dépasser nos limites. L’ensemble est un peu trop monocorde, manque de réelle brillance ou de cohésion. La démarche et le style ont beau être impeccables, le songwriting semble impuissant à faire la différence, ne cherche pas à briser la glace, se contente juste de l’observer, en grelottant.

 

PERCEVALMUSIC – VIESCOLAIRE – OTTONECKER / COLLECTIF EFFERVESCENCE - 11 avril 05

 

Projet solo du guitariste de Chevreuil. On navigue donc dans des eaux entre math-rock instrumental dépouillé à l’extrême, rigueur post-hardcore et musique contemporaine à la Philip Glass / Steve Reich avec l’introduction d’un sampler, violon, clavecin ou encore un accordéon. Austère, épuré, exigent.

 

NAVEL – LUNOKHOD – PARTYCUL SYSTEM - 10 avril 05

 

Si Navel compte nombre de points communs avec les premiers disques de formations du label Kranky comme Labradford, Jessamine, Pan American ou The Stars of the Lid, leur optique semble être moins abstraite mais plus sombre, humide et oppressante comme matinée d’un peu de ces ambiances lourdes typiques au label Constellation. ‘Lunokhod’, produit par ce duo allemand de Stuttgart et qui sort chez les Français de Partycul System est un beau voyage nocturne, étrange et glauque dans un  monde légèrement inquiétant. Ma plage préférée est "Transit accomodation tool" où le duo ouvre enfin les rideaux et observe un ciel chargé de nuages à travers, en intro, de très belles guitares acoustiques habillées de nappes.

 

MICROFILM – A JOURNEY TO THE 75TH – REJUVENATION - 09 avril 05

 

Quintette rock instrumental français, lorgnant vers l’indie rock avec quelques pincées discrètes de math-rock pouvant rappeler par instants Diabologum, Prohibition ou Purr mais sans que jamais l’un de leurs morceaux parvienne à faire la différence et justifier plus qu’une attention discrète et polie si on ose la comparaisons avec les formations américaines du même genre. Sans doute que leur plus gros problème est une absence de chant, puisque je ne crois pas que j’aurais aimé Hurl, Boys Life, Bitch Magnet ou toute la connexion Rodan (Shipping News, June of 44, Sonora Pine) si le chant n’avait pas été à chaque fois l’un des ingrédients. L’abus de sample dont fait preuve la formation discrédite aussi quelque peu pour moi leurs résultats.    

 

MARGO – FURTIVES FURIES – PETER I’M FLYING! – 08 avril 05

 

Le cas du deuxième album des Français de Margo se tasse rapidement, le voix de la chanteuse m’irrite, me rappelant celle de des Cranes ou encore  Lio ou Polyphonic Size, malheureusement, la sensualité et le second degré en moins. La musique est plutôt un mélange entre électro et électronique – mi-New Wave / mi-Warp - froide et post-rock. Je n’accroche pas du tout.     

 

MAGNOLIA ELECTRIC CO. – WHAT COMES AFTER THE BLUES – SECRETLY CANADIAN – 07 avril 05

 

Lorsque Jason Molina a changé de perspective dans son songwriting, préférant s’enfermer dans un trip seventies country / folk / blues rock, il a eu la présence d’esprit de troquer le nom de Songs:Ohia contre celui de Magnolia Electric Co., de manière probablement à éviter les confusions. Donc si la discographie complète de Neil Young, Creedence Clearwater Revival, Bruce Springsteen, Hank Williams vous fait frémir ce disque et pour vous. Moi je préfère remettre ‘The Lioness’ dans le mange-disque car ni le nouveau style emprunté ici ni le songwriting ne me semble particulièrement percutant.    

 

LAUTER – A WALK WILL TAKE MY MIND OFF THINGS – HERZFELD – 06 avril 05

 

Duo formé par Boris Kholmayer accompagné de Fabrice Kieffer à la batterie, Lauter nous vient de l’est de la France pour un premier album qu’on place volontiers sous les auspices de formations américaines comme For Carnation, Sonora Pine ou Come. Je devrais sauter de joie et adorer ce disque. Mais c’est plutôt le contraire, je m’ennuie profondément et je regarde ma montre. Pourquoi ? A nouveaux ces côtés ternes et cette froideur qui m’est oppressante caractérisant une majorité de disques rock indépendant provenant de France.    

 

HOPE CHEST – KITE STRING ROMANCE – BEST KEPT SECRET – 05 avril 05

 

Trio américain pratiquant une noisy pop shoegazer typiquement early nineties mais dix ans plus tard, Hope Chest ne sort pas d’une dynamique complètement rétro accouchant d’un disque ne dépassant pas le niveau d’un série b.   

 

IGNATIUS – GOSSAMER – ROCKET RACER – 04 avril 05

 

Musique électronique instrumentale, froide, rythmique et anxiogène œuvre d’un certain Steve Westbrook.   

 

HANGEDUP – CLATTER FOR CONTROL – CONSTELLATION – 03 avril 05

 

Je n’ai jamais accroché aux disques du duo instrumental Hangedup et ce n’est pas ce dernier album plus extrême et sombre que jamais qui va changer quoi que ce soit. Une batterie et un violon tous les deux furieux qui se lancent dans des courses folles concassées et éprouvantes. 

 

HALFSET – DRAMANALOG – ELUSIVE – 02 avril 05

 

Duo irlandais de musique électronique & organique principalement instrumental où l’on retrouve l’excellent Jeff Martin, auteur de deux albums plus orientés songwriting recommandés largement ici même. Il est associé ici à un certain Stephen Shannon. Les mélodies sont immédiates et la musique est limpide, le tempo toujours calme et lascif. Un disque beaucoup moins enthousiasmant et inventif que son album solo ‘Spoons’.

 

LIE 084

FRIDAY BRIDGETHE LADY JULIEBEST KEPT SECRET – 01 avril 05

 

Twee synth-pop suédoise, sympathique, sentimentale et sucrée.

 

 

 

OLVIS – THE BLUE SOUND – RESONANT – 31 mars 05

 

Des paysages post-rock assez étouffants et surchargé, additionné de vocaux monotones, Olvis malgré l’aide de membre de Sigur Ros, entre autres, ne suscite aucun intérêt chez moi sur la longueur de son second album.

 

COLTRANE MOTION – NO WELL OK MAYBE JUST A LITTLE – DATAWASLOST – 30 mars 05

 

Trio de Chicago s’illustrant dans une pop électronique aux accents parfois new wave, parfois baggy.

 

 

 

LIE 085

BANK HOLIDAY – TURKISH DELIGHT – BEST KEPT SECRET – 29 mars 05

 

Quatuor de Los Angeles évoluant dans un indie rock psychédélique aux quelques échos shoegazer et noise pop. Rien de bien transcendant malheureusement. Parfois pas très loin d’un Minmae pour cette démarche très lo-fi et des aspects brouillons.

 

 

 

Cover Art

ADULT – D.U.M.E. – THRILL JOCKEY – 28 mars 05

 

Duo électro de Detroit à l’inspiration scotchée sur la no wave new-yorkaise et new wave anglaise. La musique fait penser par moments aux tout début des Cocteau Twins pas forcément recommandables mais en moins poussé et la chanteuse rappelle Patti Smith mais en beaucoup moins profond. Ca a tendance à me rendre très irritable.

 

AK-MOMO – RETURN TO NEW YORK – BEST KEPT SECRET – 27 mars 05

 

Le cas de cette cassette d’un duo américain, sorti sur le label italien Best Kept Secret est vite réglé: je n’aime pas du tout le chant aigu de la chanteuse qui dans le meilleur des cas pourrait rappeler Kate bush ou Nina Persson. De la pop électronique retro jouée sur des claviers des années 60 et septante pour un résultat vaguement trip hop à la Goldfrapp.

 

 

 

V/A – UN CADAVRE EXQUIS – CABARET WALTER – 26 mars 05

 

L’initiative vient d’un groupuscule lillois, le concept est chouette, le résultat final moins convaincant. Le premier intervenant apporte un morceau instrumental. Le second l’a entendu est doit le reprendre en se l’appropriant. Ainsi de suite, de morceau en morceau, chaque artiste ne connaît que la version de celui qui le précède. Ca donne lieu à des variations intéressantes et importantes mais en fin de compte tout ceci est extrêmement anecdotique. Y ont participé parmi les dix intervenants : Rudy Trouvé, Thomas Belhom, Dominique A, Naïm Amor, Dirty Three, Venus ou The Blackheart Procession.   

 

LUME / ANATOLE STRETCH – SPLIT CDR – KASPAR HAUSER – 25 mars 05

 

Première sortie d’un nouveau label belge à la démarche résolument expérimentale et hors sentiers. Quatre soundscapes de quiet noise pour Lume. Noise digital et plus agressif pour Anatole Strech. Intérêt total tendant vers le zéro absolu en ce qui me concerne.

 

TANITA TIKARAM – SENTIMENTAL – NAIVE – 24 mars 05

 

Une recherche rapide sur cet album me mène à trois chroniques françaises, sur les sites de MCM, RTL et La Libre Belgique. Je ne sais donc pas très bien pourquoi ce disque me tombe entre les mains, hasards de la désorientations. Mais enfin. J’avais complètement oublié jusqu’à l’existence de Tanita Tikaram dont j’avais pourtant aimé le premier album, ‘Ancient Heart’, sorti en 1988 alors que j’étais adolescent et que je mélangeais encore écoutes indie et plus mainstream. Tanita Tikaram faisait partie de cette poignée de songwriteuses (Tanita Tikaram, Tracy Chapman, Julia Fordham, Tonic Childs, Jane Sibbery,…) se jetant dans cette espace ouvert quelques années plutôt par Suzanne Vega. Force est de constater que de toutes celles-ci il ne reste plus grand chose aujourd’hui et que la réécoute de ‘Ancient Heart’ me serait probablement très difficile. ‘Sentimental’ pourtant se laisse écouter, songwriting calme et jazzy, nullement racoleur, un peu adulte et convenu, inoffensif mais pas insignifiant non plus. Il y a forcément un public pour ce disque mais je n’en fais définitivement plus partie.     

 

MURDOCKS – SURRENDERENDER – SURPRISE TRUCKS – 23 mars 05

 

Les Murdocks, quatuor d’Austin, Texas, font partie de cette scène garage que j’ai évité jusqu’ici soigneusement. On les a comparé aux Strokes, Hot Hot Heat ou Kaiser Chiefs mais ils sont visiblement moins finauds et retournent rapidement avec les mélodies du côté rock alternatif de la force. Bref, pas de quoi fouetter un chat.

 

FRENCH TOAST – IN A CAVE – DISCHORD – 22 mars 05

 

Fugazi étant plus ou moins actuellement en hiatus, c’est donc la période idéale pour que fleurissent les side projects. Tandis que le leader Ian Mac Kaye s’emploie dans The Evens, Jerry Busher joue de la batterie et épaule ainsi Brendan Canty pour son projet French Toast. Brendan Canty est loin d’être un néophyte, puisqu’il a fait ses armes au sein de Nation of Ulysses puis The Make-Up. Rock post-punk nerveux et énervé, aux accents 80’s. Vraiment pas marquant.

 

ELEVEN MINUTES AWAY – ARSON FOLLOWED ME HOME – DEEP ELM – 21 mars 05

 

Emo pop-punk aux accents screamo et aux guitares heavy. Mélodique certes, mais irrémédiablement middle of the road, cliché et une énergie et une rage qui les réserve à un public typiquement adolescent. Nous avons mieux à faire, Deep Elm toujours en prise avec ses vieux démons, pas encore décidé à grandir.   

 

 

V/A – ROCK, POP, METAL – CONCOURS CIRCUIT – 20 mars 05

 

Editée par l’association Court Circuit, une compilation reprenant les finalistes des éliminatoires du dernier concours circuit dans les catégories métal pour un des deux CD et pop-rock pour le second. Laissons tomber le CD métal. Le CD pop rock commence par deux morceaux enlevés, speedés et efficaces de Malibu Stacy qui devraient faire bientôt leur entrée fracassante sur la scène alternative belge. Suit Minérale, à classer dans la veine typique des Girls in Hawaii, Flexa Lyndo et Austin Lace. Du hip hop en français avec Bienvenu-N-Sonar. Expérimental ethnique jazzy funk techno avec Carton, comme du Sharko sous lsd. Du post-rock instrumental de bon aloi mais mille fois entendu avec Edgar Animo. Du pop rock basique aux influences anglaises mal digérées avec Championship Manager. Waterloo morne plaine.  

 

THE LETTERPRESS – INPUT / OUTPUT – SUNSET ALLIANCE – 19 mars 05

 

Sur ce premier ep, sept titres, The Letterpress ne choisit pas la voie facile. En effet ce trio américain se compose uniquement d’un percussionniste et de deux bassistes, l’un des deux assurant le chant également. Depuis le bassiste principal – Rajiv Patel, déjà croisé dans ces pages – s’en est allé et a été remplacé heureusement par un guitariste. Le problème de cet ep est donc l’abondance des notes basses, le chant de Jeremy Drysdale ne visitant pas non plus les aigus. Le spectre de couleurs est donc limité et par conséquent le niveau d’appréciation que l’on peut en retirer même si les chansons et le style pratiqués sont loin d’être sans charmes. On n’est pas loin en effet d’un Pinback un peu moins pop et un peu plus math-rock. Ce qui devrait en intéresser plus d’un, d’autant que le ep est offert pour une durée limitée en téléchargement gratuit : http://www.theletterpress.com/multimedia/ . Foncez !

 

THE BIG HUGE – CROWN YOUR HEART WITH FLOWERS, CROWN YOUR HEART WITH JOY – SECRET EYE – 18 mars 05

 

Après le split de Sonna (Temporary Residence), Drew Nelson s’en est allé formé The Big Huge. Tournant complètement le dos à la sphère post-rock de son précédent groupe, The Big Huge, quatuor basé à Baltimore, s’inscrit plutôt dans la tradition folk anglaise et psychfolk américaine. On y retrouve guitares, percussion, banjo, sonnettes, dulcimer, ukulélé et accordéon pour accompagner le chant attristé de Drew. Par instants on pense à Sharron Kraus particulièrement sur le très réussi ‘Willie of Winsbury’, et plus généralement à l’Incredible String Band. On ressort du disque avec l’impression que celui-ci peine à capturer l’essence du groupe qui paraît ici un peu mollasson et gris, ça manque peut-être d’arrangements et de textures élaborées, Drew n’étant pas non plus un chanteur particulièrement remarquable, rappelant quelque peu Lullaby for the Working Class mais avec moins de succès. The Big Huge devrait pouvoir réaliser quelque chose de plus abouti et personnel par la suite. On ose l’espérer.

 

REUBER – KINTOPP - STAUBGOLD – 17 mars 05

 

La simple vision de la pochette me suggère déjà que je vais passer beaucoup moins de temps avec ce disque que sa durée exacte. Electronique expérimentale et avant-gardiste.

 

AVARUS – JÄTTILÄISROTTA – SECRET EYE / LAL LAL LAL – 16 mars 05

 

Bienvenu dans le monde de la musique expérimentale noisy, sombre et déstructurée dont le niveau d’affinité avec ma personne s’approche du zéro absolu. Avarus est une formation free-folk finlandaise. Le titre de leur album se traduit par ‘Grand Rat’ en français. Je m’arrête ici.

 

DIE WELTTRAUMFORSCHER – 21 WELTRAUM STANDARDS – STAUBGOLD – 15 mars 05

 

Le label Staubgold se prend de sympathie pour une formation zurichoise active depuis le début des années 80, nous proposant ici une rétrospective de leurs activités mélodiques. Ca me fait penser aux belges de Berntholer ou Polyphonic Size l’ironie en moins, un charme mécanique en moins, The Notwist, Village of Savoonga, Kat Cosm et 18th Dye sont forcément à compter parmi leurs descendants. C’est donc plutôt mélodique, electropop, enfantin parfois, libre de contraintes, spontané et hors du temps. Un premier disque compilant 21 de leurs morceaux et 2 clips vidéo s’accompagne d’un second disque de remixes. Le chant – masculin et plutôt tendre à la Notwist - souvent en allemand nuit quelque peut à la digestion de l’ensemble mais inscrit nettement le groupe dans les mouvances qui secouent la scène électronique allemande (et suisse donc également) depuis deux décennies. Charmant mais pas spécialement marquant. Sans doute que la découverte est trop tardive, cet album paraissant plus étrange que stupéfiant, hors-normes que réellement novateur, anecdotique que pertinent.

 

BUILD BUILDINGS – THERE IS A PROBLEM WITH MY TAPE RECORDER – AUTOPRODUIT – 14 mars 05

 

Projet solo d’un certain Ben Tweel, jeune musicien américain base à Brooklyn, Build Buildings livre ici son troisième album autoproduit à ranger dans le rayon electronica mélodique, fracturée mais aux sonorités plutôt chaleureuses et tranquilles.

 

PERMANENT FATAL ERROR – LAWSPEED – RUMINANCE – 13 mars 05

 

Permanent Fatal Error est le nouveau projet d'Olivier Manchion (ex-bassiste et co-fondateur du groupe Ulan Bator). Celui-ci, exilé en Italie, s’est entouré de musiciens du cru pour poursuivre ses aventures post-rock. Cet album a été enregistré par Lionel Darenne formé par Steve Albini au studio Electrical Audio à Chicago. La bio du groupe cite Can, Faust, Godspeed You Black Emperor parmi les influences. Heureusement pour nous, le groupe contourne les clichés trop entendus du genre pour se concentrer plutôt sur quelque chose de net et précis. Sans doute un peu trop pour moi, qui n’accroche pas du tout à ce ‘Lawspeed’ beaucoup trop froid, lisse et sans émotions.

 

BOVINE LIFE – SOCIAL ELECTRICS – BIP HOP – 12 mars 05

 

« Chris Dooks, compositeur de musique électronique et réalisateur de film (certains ont été primés) est surtout connu pour ses réalisations sur les musiciens en Grande-Bretagne. Il a en effet tourné des courts métrages sur des artistes reconnus comme Scanner…., mais également des sujets autour de labels indépendants. … Malheureusement Chris est atteint depuis 1999 d’une grave maladie, baptisée Myalgic Encephalomyelitis ou plus simplement Fatigue Chronique. Sa carrière aurait dû ainsi prendre fin. Mais il n’a jamais renoncé et sous le pseudonyme de Bovine Life s’est entièrement consacré à ce qui n’était qu’un hobby, la musique. » peut-on lire dans la bio. Les trois quarts des plages qui constituent ce disque sont nées de collaboration via Internet avec divers artistes électroniques comme Matt Elliott (Third Eye Foundation), Jurgen De Blonde (Köhn, de Portables), Janek Schaefer ou plus obscurs, issus de labels comme Alku ou Plug Research. Musique électronique certes, mais on reste cependant éloigné des productions Warp. Bovine Life semble attaché à l’utilisation de sons plus concrets, réels, au sein de sa musique, ce qui la rapproche de certaine productions électroacoustiques. On ne sombre pourtant pas dans un quelconque académisme ou extrémisme, les pièces restent toujours courtes et plaisantes et l’ensemble de l’œuvre ne perd aucune cohérence de la multitude de ses intervenants. Parmi les différents exercices de collaboration, on mettra tout particulièrement en relief ceux avec Matt Elliott de Third Eye Foundation. « Ether Works » I, II & III prolongent quelque peu l’œuvre de ce dernier, poussé par Bovine Life vers un peu plus de minimalisme. Trois variations autour d’un même thème qui constituent les phases et les intermèdes les plus apaisants de « Social Electrics ». A vrai dire l’écoute de ce disque correspond pour moi à des instants d’indifférence et de fatigues, aux dernières poignées de minutes, une fois la nuit tombée qui me séparent encore de l’instant où j’irai me coucher. Instants de fatigue, mais aussi d’indifférence et de désillusion. « Social Electrics » est pour moi la b.o. de ces instants fades autant subis que vécus. Il n’y a rien d’exceptionnel ni de déplaisant ici. Juste quelque chose qui reste secondaire, qui m’émeut peu et que j’ai plutôt tendance à fuir..

 

SALVATORE – LUXUS – RACING JUNIOR – 11 mars 05

 

A l’époque de ‘Fresh’, en 2002, je parlais pour la formation instrumentale norvégienne, d’un post-rock très influence par le kraut rock, héritier de Tortoise et très tenté aussi par les sonorités ethniques et traditionnelles. Deux ans plus tard, rien n’a vraiment changé, John McEntire est toujours de la partie au mixage de l’album et on est passé d’influences nord-africaines à d’autres, turques ou jamaïcaines peut-être. Salvatore a aussi gagné en fluidité et en aisance au niveau de ses digressions plus maîtrisées ici. Malgré tout, je ne suis pas spécialement fasciné par l’objet.

 

V/A – THIS IS INDIE ROCK VOL. 2 – DEEP ELM – 10 mars 05

 

En bazardant sa série de compilations ‘The Emo Diaries’ pour la remplacer par ‘This is indie rock’, le label Deep Elm semble surtout avoir fait un lifting de façade car c’est pratiquement la même logique qui guide la réalisation de ces dernières, compiler des titres qui accrochent le label parmi la montagne de démo probablement reçues pour chaque édition. Le volume 1 m’avait laissé assez froid si ce n’est qu’il m’avait permis la découverte des talentueux Winter in Alaska. Le volume 2 m’agace autant, si ce n’est plus, trop de morceaux très premiers degrés dans leur démarche indie / emo et l’une ou l’autre exceptions. Un très joli ‘New York’, folk song sensible interprétée par Meredith Bragg and the Terminals. Deux autres morceaux tout aussi charmants bien qu’en rien révolutionnaires sur le site Internet de l’intéressé, il faudra peut-être surveiller la sortie d’un premier disque dans l’avenir.  Emo typique, à trois voix, deux types, une fille, mais rudement efficace quoique totalement moyen et non-original pour The Forecast, conviant les influences des vieux de la vieille, de Rainer Maria à Cursive en passant par Brandtson ou Braid.  Topo similaire mais dans une veine plus subtile et post-hardcore pour The Silent Press qui me fait penser à un Aloha sans vibraphone et rentre dedans. Mais le vrai gagnant de la compile ce sont en fait les Japonais de Nature Living qui livrent ici une pure perle emorock / emopop, qu’on jurerait presque suédoise tant la production est totalement merveilleuse et la texture noisy fluide et jouissive. De quoi confirmer la tendance déjà perceptible sur les dernières éditions de ‘The Emo Diaries’, le meilleur du style se concevant désormais horst des frontières des USA. Et si de la première compile, je n’ai poussé plus loin la relation qu’avec Winter in Alaska, ici ce serait plutôt avec Bernard, quatuor américain qui est finalement le seul à surprendre avec une plage glorieuse, épique et sombre, qui ne ressemble à rien de connu pour moi jusqu’ici ou alors à une enfant illégitime entre Desert City Soundtrack, Mineral et The Notwist tout en empruntant ce qu’il faut à Radiohead et U2. J’ai des frissons, je crois que j’aime ce groupe maintenant. A suivre peut-être, en long et large, tout en émois sur derives.net d’ici quelques semaines.

 

LETTUCE PREY – EARLY YEARS – MONOTONE – 09 mars 05

 

Suite à la cassette de Kevin Huelbig Jr, ‘Summer is over’, j’ai un a priori plus que favorable sur le label. Mais cette sortie de Lettuce Prey, intitulée ‘Early Years’ va déjà la mettre à mal ; Mike Lenert est comme il se présente lui-même un vétéran de la scène noise-pop indie américaine, basé à Philadelphia, il a été actif dans une floppée de projets, tous plus obscurs les un que les autres, totalement inconnu vu d’Europe. Musicalement il revendique des influences entre 60’s psych-folk, 70’s punk-rock et 80’s alternative rock, alignant en vrac : le Velvet Undergound, Richard Thompson, Love, Roky Erickson, Eno, Can, Neu, Sabbath, Iggy/Stooges, Patti Smith, Television, Fall, Butthole Surfers, Camper Van B, The Feelies, Husker Du, Meat Puppets ou Let’s Active. Sa discographie est pléthorique et abonnée à la scène DIY lo-fi avec de sorties sur Monotone, DefMacProd, Bliss/Aquamarine, Best Kept Secret, Catsup Plate ou Tappersize Records entre autres. ‘Early Years’ est une compilation de titres ancien et fait surtout penser à un Sentridoh à la fois plus conventionnel et plus confus, l’électricité et les gemmes en moins. Pas mal mais pas transcendant et j’ai surtout l’impression d’avoir beaucoup donné dans le genre en tant qu’auditeur.

 

FIRELILLY – FIRELILLY – RED PLANET – 08 mars 05

 

Premier album pour ce duo de San Francisco explorant une synthpop relativement atmosphérique au fort parfum années 80 tout en tentant d’y inclure l’un ou l’autre aspect qui a fait le succès de Postal Service. Peu sensible à la synthop britannique 8O’s je peine vraiment à accrocher.

 

V/A – I HATE ELECTRONICS – COURT CICRUIT – 07 mars 05

 

Les finalistes de la section électronique du dernier Concours Circuit se retrouvent compilés ici. La scène belge ne me passionnant guère, de même que l’électronique en général, je m’attendais à une belle incompréhension en bonne et due forme. Finalement Anik Faniel qui ouvre les débats est plutôt à classer du côté d’une électro pop expérimentale qu’a vu de nez on veut bien placer dans une lointaine descendance de glorieux aînés belges commes Polyphonic Size ou les Brochettes, avec malheureusement l’humour en moins, remplacé par une froideur circonstanciée. Je retiendrai l’attristé ‘Bloc H-M’ où l’on se rapproche d’une version francophone inespérée de ce qu’a pu faire Bjork par le passé et qui aurait pu être diffusé en boucle durant les 100 minutes, du temps ou la radio belge publique était encore capable de surprendre. Surprise également avec Stephan Dunkelman proposant une électronique acousmatique férocement expérimentale et avant-gardiste en phase avec les productions du label Metamkine. Malheureusement on peut déchanter bien vite avec les trois plages raz du sol de Limace, le planqué et pistonné de service, alias le pénible Christophe Enclin dont on a déjà trop vomi les œuvres sous le pseudo de Hank Harry. Electronique glitch et jazzy additionnée de vocaux féminins crispants pour Tangtype. Electronique rentre dedans, vocaux féminins et masculins hantés à la sensualité glacée, des ambiances sombres et troubles, quelque chose qui peut rappeler Programme, Tricky, du punk rock new-yorkais et plein d’autre trucs, mais en gardant toute son originalité pour Joshua. Bref, une compilation électronique au total assez froide.  

 

LONELY JOE – THE DARK GHOST OF SHAME – JUNK – 06 mars 05

 

Lonely Joe est le projet d’un jeune madrilène de 29 ans qui a grandi aux USA. ‘The Dark Ghost of Shame’ est son premier album. Je suis assez ambigu sur ce disque mélangeant une approche indie avec des influences plutôt retro. Le chant me fait penser à un mélange entre les Tindersticks et un Elvis crooner, la musique à un mélange plus économe entre les premiers et Calexico. Allez vérifier par vous même, le disque est en écoute sur le site de Lonely Joe.

 

THE RUSTICATORS – TALKING WITH THE DEAD – AUTOPRODUIT – 05 mars 05

 

The Rusticators est un duo américain – un couple, deux voix - mais vu leur look très roots, je pensais au départ qu’ils étaient australiens. Peut-être aussi parce que leur musique me fait un peu penser à ce que faisaient les Triffids durant les années 8O. Peut-être est-ce du aussi à leur côté complètement déconnecté par rapport à la scène indie actuelle. Ca me fait penser aussi à toute l’aile pop de la scène Paisley Underground, à de l’americana pop ou à des Walkabouts moins embourbés dans la country. Il y a forcément un public pour ce genre de disque même s’il ne se trouve pas dans les allées modernes de l’indie music.

 

HEDAYA – THIS IS WHERE I KEEP IT – CLEVER BEDSIT – 04 mars 05

 

En ce qui concerne le songwriting en général, ou l’indie en particulier, là ou ça passe ou ça casse c’est au niveau du chant. Il suffit de ne pas accrocher à une voix et ça peut vous ruiner complètement l’écoute d’un album. C’est ce qui se passe pour moi avec cet album d’Hedaya, projet d’un jeune Australien, Simon Kean, installé à Londres et qui recueille pourtant bon nombre de critiques positives avec cet album.  Je veux bien être le premier à reconnaître les qualités musicales de l’objet mais le chant me crispe instantanément empêchant toute continuation agréable de l’écoute.

 

THE HAYWARDS – SCENE MISSING – IONIK RECORDS – 03 mars 05

 

J’ai l’impression de toujours être à deux doigts d’accrocher vraiment au songwriting lo-fi de David Enright alias The Haywards. Une guitare folk toujours juste, un chant au joli filet de voix, des ambiances aux mélodies douces amères, je devrais être aux anges, mais non quelques chose tombe trop court pour moi. Peut-être est-ce simplement que l’approche est trop classique – trop anglaise ? -, que je n’arrive pas à mettre ce disque dans une case familière, peut-être est-ce les mélodies un rien trop peu sucrées ou un manque d’intimité ? David écrit des chansons plutôt douces et vivifiantes, authentiques et sans prétention mais elles m’échappent malheureusement.

 

THE CHILD WHO WAS A KEYHOLE – IN THE FAXED ATMOSPHERE – EDEN’S WATCHTOWER – 02 mars 05

 

The Child Who Was a Keyhole est un quatuor de Salt Lake City compose de deux couples mariés qui revisite un certain indie rock noisy et saturé des nineties tel que développé à merveille à l’époque par des formations comme Urusei Yatsura, les Flaming Lips, Mercury Rev ou Jesus & Marychain. Quelques pépites comme, ‘Arm in the foam’, ‘Ormus’, 'Seeking Cloud Shrimp On The Shortwave' ou un ‘We were alone’ très Mercury Rev. Dans l’ensemble ce disque ressemble surtout à un minerai extrait du sol et qu’il faudra polir par la suite – à l’écoute des productions suivantes - pour constater ce qu’il contient (ou pas) de merveilleux à l’intérieur. En 2005, le quatuor ressemble à une exception dans un paysage indie qui privilégie les sons plus lisses ou directement classables dans un style ou l’autre, difficile dès lors de proposer une démarche à la fois indie, lo-fi et expérimentale, chaotique mais basée sur des mélodies en profondeur.  Tout ce qu’on peut leur souhaiter c’est que le disque suivant gagne en densité et en intensité, aille directement à l’essentiel.

 

AMARILLO – PIRUETAS EN EL AIRE – RHONDA RECORDS – 01 mars 05

 

Rock indie typiquement nineties, mélodique, noisy, agité, pour ce quatuor de Majorque, qui chante en espagnol. Alors bien sur on pense aux Pixies, Yo La Tengo, Jesus & Mary Chain, Dinosaur Jr, Ride, Lush, The Wedding Present. Rythme, fraîcheur, énergie et joie de vivre sont là, en fait la seule chose qui me retient à aimer ce disque et qui constitue un obstacle c’est le fait que les paroles soient en espagnol.

 

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