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spokane - a constant sound 7inch
spokane
a constant sound 7inch
tricycle evolutif
2002
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raw translation
http://www.jagjaguwar.com/spokane/
: recommandé par dérives
Ce 7’’ de Spokane sur Tricycle Evolutif vient en quelque sorte pour ce label suisse, conclure un triptyque indie américain de rêve, faisant suite au ‘last snow / marauder’ des Early Day Miners et au ‘magic hedge’ de Unwed Sailor, tous deux entrevus dans ces pages précédemment.

‘A constant sound’ ne démord pas à l’habituelle ligne esthétique soignée du label de Cyril Monnard : un vinyl blanc épais et laiteux et une pochette faite main, de deux polaroïds collés sur du papier cartonné. Un artwork que l’on imagine conçu avec la complicité directe de Rick Alverson tant il s’inscrit dans la continuité directe de ceux des disques précédents de Spokane sur Jagjaguwar ou Acuarela.

On a déjà recommandé ici-même ‘the proud graduates’ ou le ep ‘close quarters’ et ce n’est certainement pas ce 7’’ qui va nous faire dévier de notre trajectoire, c’est comme si à chaque sortie Spokane nous devenait plus indispensable. Le groupe de Rick Alverson et Courtney Bowles laisse ici s’échapper en 33 rpm trois pépites inédites. ‘A constant sound’ rempli toute la face A et d’ailleurs toute la pièce de son folk éthéré, lumineux et fantomatique. Difficile de mettre sur papier ses émotions tant elles sont uniques, tant avec Spokane, Rick Alverson décuple dans la félicité ce qu’il avait entamé plutôt avec Drunk. Une musique tellement fragile qu’elle nous semble éphémère, qu’on a peur à trop l’écouter de l’abîmer. Quelque chose qui jongle avec la même qualité de mélancolie que les vieux disques de Low ou ceux des Early Day Miners. Ecouter Spokane interpréter ‘a constant sound’ c’est comme regarder, dans la lumière du soleil, un fin duvet de plume d’oiseau voleter, on n’a pas assez de nos yeux pour en capturer toute la beauté et le moindre coup de vent risque de nous l’emmener hors de portée, l’air frais ondule nos cheveux et on suit cette ascension ne sachant plus très bien où l’on pose nos pas, les yeux focalisés vers le ciel et ce mouvement doucement tourbillonnant. Le temps suspendu.

On finit quand même après moult écoutes à retourner le disque. ‘Temper’ se fait plus chuchoté, folk, dynamique et bucolique, moins indispensable que la face A, probablement plus Drunk que Spokane, une promenade légèrement inquiète à travers des couloirs et des ruelles en enfilade, à la poursuite du jour. Tout ça se termine alors avec ‘Couple from worlds’, un bien étrange instrumental mélancolique mêlant guitare et xylophone, où a été ajouté en surimpression le bruit d’un vinyl qui tourne, la réalité injectée dans la réalité.

Un petit miracle musical de plus.
didier goudeseune 08 Mar 06
 
 

 
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