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peril hill - scream at the jackdaw, make him stop
peril hill
scream at the jackdaw, make him stop
singing knives
2005
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raw translation
http://singingknivesrecords.co.uk/
: recommandé par dérives
Jusqu’ici mes explorations de la scène folk anglaise m’avaient mené à la découverte de Alasdair Roberts, Sharron Kraus, Lionshare ou Songs of Green Pheasant. Avec cet ep, un nom précieux va s’ajouter à cette liste, celui d’un certain Peril Hill, projet du jeune songwriter Marc Gardner, basé à Sheffield et épaulé discrètement de trois membres du groupe Deerpark dont j’ignore encore tout et qui semblent également être derrière le label Singing Knives. Esthétiquement on n’est pas loin non plus d’un Fern Knight, de Rivulets ou Jamie Barnes.

Au centre du disque on trouve donc Marc Gardner qui chante à voix basse tout en dessinant des arpèges monotones et mélancoliques sur sa guitare. Le tempo est lent, recueilli, doux et hivernal à la fois, pas loin du format de comptine désabusée. Parmi ses influences il cite Songs:Ohia, Shirley Collins, Will Oldham, Iron & Wine et Elliott Smith aux côtés d’artistes plus expérimentaux reliés au label Jewelled Antler mais après quelques écoutes du ep on devine bien qu’il possède déjà son propre univers artistique, sa propre expression et ses ambiances caractéristiques.

‘Scream at the Jackdaw, Make Him Stop’ c’est le disque par excellence à écouter à côté de quelqu’un qui dort sans risquer de le réveiller ou alors en lui assurant un réveil des plus tranquilles et attentionné. Car si Tom Hardman participe au banjo et psaltery, Fiona Kennedy à la viole et pour quelques secondes voix, Jon Marshall à l’harmonium et à la guitare, c’est toujours avec un retrait des plus respectueux et avec une efficience discrète, colorant cependant Peril Hill d’une aura folk européenne ou plus simplement anglaise, assez voisine de celle privilégiée par Alasdair Roberts également.

Si on finit par accrocher durablement au songwriting de Peril Hill, cela s’accompagne également d’une certaine léthargie, quand le disque tourne, on n’a plus ni envie de bouger trop ni de parler, on reste là à écouter calmement et à rêvasser, à se blottir presque tandis que les chansons défilent, parce que Peril Hill est faussement simple et qu’au plus on lui accordera d’attention au plus il révèlera de nuances fines, d’un point de vue sensibilité l’accompagnement de ce disque est particulièrement riche car la fragilité y est omniprésente et très touchante.

On démarre avec une chanson sur le thème de la sirène qui nous poursuivra sur toute la longueur du disque. “Siren” qui évoque une mer nocturne plutôt calme mais recouverte de brumes qui collent à la peau comme de la bruine tandis que l’on regarde la proue du bateau fondre l’eau dans son trajet retour vers le port.

Mais l’obscurité finit par tout envahir avec le sombre “It Will Be Your Undoing” où les chuchotements se font sur le seuil de la douleur dans une conversation entre le chant et la guitare, heureusement, une seconde voix féminine discrète mais chaleureuse vient orienter le morceau vers un horizon plus lumineux.

“Vapours in August” se révèle rapidement comme le sommet du disque au niveau textures, les arrangements additionnels y sont plus riches – particulièrement le banjo qui fait quasi tout - et l’on réalise à quel point finalement ces chansons ressemblent à des conversations à trois, d’un côté le chant de Marc, de l’autre son jeu de guitare minimal mais très organique également, presque vivant, et finalement les arrangements ajoutés qui tirent son écriture vers plus de luminosité et l’habillent bienveillamment. Tout cet ep baigne dans ce climat de confiance, ces relations affectives qui entourent d’un voile protecteur les chansons fragiles, les aident à s’épanouir sans en pervertir le moindre grain de substance.

Sur “Regalia” on découvre une facette un peu plus bluesy et introspective du personnage, déclinaison sombre et glaciale comme marcher dans la neige tandis que le jour décline et qu’un ciel morne et gris pèse sur nos épaules, des sensations quasiment désagréables mais d’un réalisme sincère. Heureusement l’émouvant “Konig” arrive, où la guitare et le chant s’éclairent comme jamais, distillent une douce chaleur bienvenue, comme un feu de bois une nuit d’hiver.

Si ‘Vapours in August’ est le morceau le plus accrocheur, entre guillemets, “Clarion Call” est au contraire son pendant intimiste et émouvant, à la mélancolie fragilisante, à la tristesse infinie cachée sous chaque accord de guitare, et dont on ne sortira que difficilement indemne. Tant mieux.

Superbe premier ep pour Peril Hill qui on l’espère sera suivi de toute une discographie à la hauteur dans les années qui viennent.
Didier Goudeseune 22 Mar 06
 
 

 
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