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heligoland - shift those thoughts
heligoland
shift those thoughts
big rig
2003
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http://www.heligoland.org/
http://www.bigrigrecords.net/
J’éprouve une certaine fascination pour le slowcore et le post-rock australiens, de Art of Fighting à Purplene, de Sea Life Park à Deloris, de Seascapes of the Interior à Seaworthy, de Minor Ache aux Rebel Astronauts. Je n’étais donc pas passé à côté de Heligoland dont quelques mp3s avaient éveillé mon attention.

Parallèlement à ça, je garde une passion intacte pour une certaine période du label 4AD, qui nous a offert les disques des Cocteau Twins, de This Mortal Coil, Dif Juz, Pale Saints et par extension ceux de Durutti Column, Piano Magic, Low ou d’une foule d’assimilés. Heligoland s’inscrit dans cette lignée.

C’est donc aux deux tiers déjà convaincu que j’entame l’écoute de ce premier album du quatuor de Melbourne, composé de Karen Vogt (chant / guitare), Cameron Gellatly (guitare / batterie), Steve Wheeler (basse) et Daniel Sujica (batterie), formé en 1999. Des autres formations australiennes, c’est de Sea Life Park que ce groupe se rapproche le plus, les deux chanteuses ayant un timbre de voix et un léger accent chaleureux assez proche. La différence entre les deux est que Heligoland privilégie des compositions éthérées et ne peut être qualifié de slowcore, cheval de bataille de Sea Life Park, plutôt de dreampop.

‘Shift those thoughts’ est un disque éthéré assez fort centré sur le chant de Karen qui semble sortir en droite ligne de l’esthétique 4AD de la fin des années 80. Tout ceci est à la fois la force et la faiblesse du groupe. Chaque titre pris séparément est relativement efficient et nous gagne assez facilement à sa cause. Cependant d’un morceau à l’autre la méthode se répète, inchangée, ce qui conduit à une certaine lassitude et à un sentiment de surplace. Beau, mais statique. Passé un premier morceau Heligoland ne surprend plus, le charme est dès lors convenu, les surprises garanties absentes, l’éther se traduit par des couleurs pâles, au milieu desquelles on perd peu à peu conscience.

C’est un album entièrement dédié à une contemplation des même paysages, la dimension cinématique semble absente ; il manque à Heligoland certaines des qualités dont témoignent des groupes comme Movietone ou Coastal, ne serait-ce que pour gagner un succès critique inconditionnel.

C’est à contre-cœur que l’on fait ces reproches à Heligoland, les ambiances et les textures ne font pas défaut. Là où ça coince, c’est bel est bien dans la linéarité, la répétition à l’infini et l’absence de surprise des structures. Il en va donc de Heligoland comme d’autres formations rencontrées récemment en ces pages, Surrounded ou Seekonk, beaux, racés, mais en fin de compte aucunement interloquant et dès lors inévitablement ennuyeux.
Didier Goudeseune 01 Nov 04
 
 

 
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