accueil . home
 
burdens, the - uh oh
burdens, the
uh oh
self-released
2004
imprimer
envoyer à un ami
raw translation
http://www.theburdens.com/
http://www.karinstack.com
: recommandé par dérives
‘Uh Oh’ aurait pu sortir il y a cinq ou dix ans, ça n’aurait rien enlevé à son statut de bon disque. Les atouts, on les connaît déjà car on a déjà rodé leurs qualités dans bien d’autres formations.

On trouve ainsi un couple à la base de ce duo : Richard Scullin à la guitare, mandoline, basse et chant, accompagné de Karin Stack à la batterie, à l’accordéon et marimba, avec l’un ou l’autre musicien ami sur quelques titres.

The Burdens - Williamstown, Massachusetts - joue aussi la carte du minimalisme et d’une certaine sécheresse roots qui ne sont là que pour mettre en relief leurs mélodies souvent gagnantes. Il reste alors à sortir les références comme autant de cartes de visites : Yo La Tengo, Pavement, The Clean, Minus Story, Giant Sand, Sebadoh ou Built To Spill, mais dans ce qu’ils ont de plus squelettique et essentiel. Lo-fi mais brillamment écrit, enregistré et interprété.

C’est que The Burdens a le talent d’avoir compris que le dérivatif ne servait à rien. Le duo a son propre son, son intensité et son authenticité et on a vite compris qu’on va pouvoir se perdre longuement dans cet album de seize titres plus solides les uns que les autres, à l’un ou l’autre faux pas près.

L’album s’ouvre sur un tube indie, ‘Lonely town’, une seule chose à faire, taper du pied, la chanson est solide, typiquement indie et emballée en 2min40. Bien sûr, on en a déjà entendues des chansons comme ça mais ce n’est pas la nostalgie qui nous retient aussi, c’est l’impulsion et la joie de vivre que The Burdens injecte à ses compostions. ‘Alibi’ double la mise mais sur un ton légèrement plus poignant et mélancolique, voir rêveur, quelque part entre le Yo La Tengo de ‘Fakebook’ et les Red House Painters. Grande chanson.

On poursuit avec le plus roots ‘Right now’ où l’on comprend que The Burdens est un groupe surtout live, qui ne doit d’ailleurs se concevoir que comme cela, les chansons se concevant aux répétitions organisées sans doute dans le garage du couple. Il y a un peu de cette énergie de vie pulsante comme une source naissant entre deux rochers au milieu du désert telle qu’on la retrouvait sur le ‘Moebius Syndrome’ de Minus Story.

‘So we are thinking’ a un indicible parfum néo-zélandais dans son intro contemplative à la guitare avant de se transformer en un instrumental désertique, un peu plus loin ‘Sparse’ s’inscrit dans la même veine, avec des touches plus nocturnes cependant. Le groupe poursuit avec le très prenant ‘I’m not your fuck’ qui s’approprie un peu de cette rage sourde et maîtrisée en façade, commune aux premiers disques de Modest Mouse ou Pavement.

La plage titulaire se révèle par contre complètement anecdotique avec son groove et ses vocaux étouffés qu’on dirait empruntés en ligne droite à Calvin Johnson et à son Dub Narcotic Sound System. De même on oubliera le bluesy ‘Oh no’. ‘All we are’ et ‘have no mercy’ marquent le redoux, très roots et traditionnels, mais efficaces et passables.

Heureusement, on retourne tout notre intérêt avec un ‘I’ll let you know’ enlevé, sombre et uptempo qui me rappelle un peu Giant Sand pour son authenticité, même topo avec ‘blind philosophy’. Un chouette instrumental suit, ‘MGS’, qui me fait quelque peu penser à du Yo La Tengo.

Nouveau petit hit avec le délicieux ‘Unsure’, roots et très indie mais intimiste quand même, dommage que le duo n’explore pas plus férocement cette voix-là, car la voix de Richard y est bien plus mise en valeur. Un instrumental anodin plus loin et il est déjà temps de se quitter avec un autre instrumental nostalgique et rêveur comme un coucher de soleil l’été à la campagne, loin de la civilisation.

Sur leur premier album, les Burdens ne transcendent pas vraiment le genre où ils se sont établis, mais laissent déjà derrière eux un certain nombre de pépites, comme une forme de fondation sur laquelle ils ne manqueront pas – on l’espère – de construire une discographie tout en s’imposant peu à peu jusqu’à devenir eux-mêmes des références.
Didier Goudeseune 13 Feb 05
 
 

 
© derives.net