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v/a - card-carrying supporters of romance
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card-carrying supporters of romance
morc / blackbean and placenta
2001
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http://www.geocities.com/morctapes/
Co-release entre Morc Records (Belgique) et Blackbean and Placenta (USA), cette compilation est constituée, oh surprise, en grande partie de groupes associés aux deux labels et au reste de la scène indie expérimentale flamande. C’est aussi le premier pas et, on espère, pas le dernier dans le format cd pour Morc, qui s’était contenté jusqu’ici de sortir de simples cassettes. C’est aussi une sérieuse marque de crédibilité pour le label gantois que d’avoir collaboré avec le mythique label lo-fi qu’est Blackbean & Placenta.

Dissection track by track.

Le premier morceau de la compilation, in6 « ultrasonic lovesong for dogs’ ears only », a tout de la private joke ayant mal tourné. 51 secondes de blanc, prétendument manipulation d’un morceau dont on aurait retiré toutes les fréquences audibles, ne gardant que les ultrasons. Hmmm… Foutage de gueule. Cependant, la version réelle du morceau est téléchargeable sur le site des Portables, puisque in6 est simplement un pseudo de Wio. A ce moment-là, on trouve un morceau guitare / voix lo-fi. 51 secondes, remarquable démo d’intro de chanson qui aurait fait une chouette entrée en matière à cette compile. Mystère.

Le morceau de Jen Turrel (membre de Rabbit In Red et Boyracer), mi twee pop, mi-dreampop jouit de l’originalité d’être mené de part en part par un violoncelle et une harpe jouée par la mère de Jen elle-même. Bien fait, rayonnant, authentique, il manque juste un peu de mélancolie.

La contribution d’Appendix Out (une des deux « têtes d’affiche » avec Sodastream), « i feel like an elf » étonne dans la discographie de ce dernier. La composition vire ici en pop psychédélique, apaisée, mais tout de même. Un bel et précieux inédit décalé d’Appendix Out.

Duo dans lequel on retrouve à la voix et au chant Wim Lecluyse (responsable de Morc), Pernath livre ici un petit bijou qui fait beaucoup penser à Unrest (le groupe de Mark Robinson, Teenbeat Records) et également dans une moindre mesure à la noisy pop de Ride.

Egal à lui-même, Sodastream laisse tomber de sa cargaison une face b au sein de cette compile. Un « Sunday Best » frugal et granuleux comme une galette de riz, mais sur lequel on ne crachera certainement pas tant il met en appétit.

L’« extinction level cement » de H.A.R.M. est une excellente surprise et le premier choc de la compile. Il révèle un groupe venant de nulle part et brillant dans un registre proche de The Anniversary ou des Flaming Lips. Purement indie pop casio oriented et ultra-jouissif, HARM a tout d’un abonné aux touches repeat & rewind. Vivement et absolument plus !

La contribution de Will Simmons, lo-fi early nineties, quand à elle ne me convainc qu’à moitié, mi Chris Knox, mi Sentridoh, un peu molle et définitivement plus très actuelle.

Pure twee pop basique avec The 100 Lists, projet solo d’Eleanor Whitney (Liggie Wog, CYN*O*SURE, Octopus Head Records) finalement pas très loin d’un croisement entre garage rock et anorak pop. Ennuyeux et vain.

Le morceau des Bingo Trappers est par contre une réelle très bonne surprise et le second choc de la compile. J’avais pu voir ce dutch lo-fi band jouer live à Lauwe (Belgique) en septembre 2000. Jamais un groupe ne m’avais sidéré à ce point par une attitude et un look formidablement décalés. Mais je n’avais pas du tout accroché à leur musique. Leur « far from home » ici est stupéfiant - du niveau de la meilleure new-zealand pop, celle de The Clean, des Verlaines ou des Chills, avec une production lo-fi et un mixage absolument impeccables.

Seul non inédit de la compile, le morceau de Fuck me laisse de glace, irrité comme d’hab par ce groupe. Suit un enregistrement live de Rabbit In Red chanté par Jen Turrel. Le mauvais son empêche toute concentration de ma part.

Lo-fi guitar song classiquement mélancolique et planante ensuite, avec Thriller. Poignant comme le style l’est. Touchante, cette chanson donne envie de découvrir Thriller sur la longueur, ouvre des brèches exploitables et prometteuses. Le titre laisse songeur, rempli de questions sans réponse…. Quoique internet est riche de possibilités : « Actually there is not much Thriller stuff ever made. This song is more than 3 years old, and I haven´t recorded anything after that on my own – Thriller is just me alone. I played and still play in a couple of bands, but no solo stuff. Too lazy, not enough self-confidence, you know.... But I´m encouraged by the fact that this song is on the compilation and that some people really seem to like it, and I guess I will try to record some songs soon »

4 track tape recording guitar acoustic + guitare électrique en une légère nappe distordue + voice pour Shy Rights Movement et ça marche à fond. Mystère insondable et précieux, troisième choc du disque. Mais qui sont-ils ? Grand moment easy, émotionnel, ensoleillé, sincère, éploré et confondant.

Le morceau d’A Boy Named Thor, ressemble à de la bossa nova enregistrée en cachette le soir sur une radiocassette seul sur la plage. Autre gemme quoiqu’un peu neutre.

Deux minutes trente-quatre de génie à l’état pur ensuite, Breezr, alias Tine d’1m54 et Lobke D’Hespeel (Gush, Mote, Northern Lights et sœur de Wio). Hors compétition, mais on a perdu espoir d’attendre un disque qui n’arrive jamais.

Le « my enemy » de The Ordinary Seaman rafraîchit alors un peu l’atmosphère sous influence un peu trop sensible de la scène post-rock néo-zélandaise. Ce manque de personnalité me lasse un peu.

Lors de l’écoulement du « hanshakes in the landscape » de Minmae, je me dis que ce groupe possède un potentiel certain qu’il me tarde d’apprécier sur la longueur, car un seul morceau c’est trop peu pour vraiment envoûter quand on joue plus sur les climats que sur les effets de manche.

Intriguant et fatiguant instrumental guitaristique pour Zent One qui s’écoule sans que je fasse un geste pour le rattraper. Moite, humide, aquatique, des bulles d’air explosent à la surface de l’eau et rendent flou le son.

Une minute instrumentale totalement impeccable pour Circle Brothers (Wim Lecluyse en solo), plusieurs lignes de guitares minimalistes dessinant un paysage aux multiples dimensions, physiques et mélancoliques. Très prometteur.

Gang Wizard with Wio est un curieux mélange instrumental de sensibilité traduite par effets de guitares. Mais l’océan atlantique qui sépare les partenaires de cette collaboration enlève malheureusement la cohérence au morceau et laisse un sentiment d’inachevé.

Je zappe le bruitisme gratuit et malsain de Larz. La compilation se termine avec Persons, sorte de cousins d’Aloha ( Polyvinyl Records) et d’Owls (Jade Tree).

En conclusion, cette compilation souffre un peu de son caractère hétéroclite qui empêche d’en tirer de véritables lignes directrices. Il faut la prendre juste pour ce qu’elle est, une compilation rassemblant, d’un côté, quelques inédits de groupes illustres et de l’autre, quelques perles de groupes dont on a tout intérêt à rechercher la compagnie.
didier goudeseune 17 Apr 05
 
 

 
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