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motodestra - between 12th and freeways
motodestra
between 12th and freeways
self-released
2001
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raw translation
http://www.motodestra.com
: recommandé par dérives
Motodestra est le projet d’un jeune Anglais de Leeds, Daniel Halliday. Cet album CDR, « between 12th and freeways », est sa première sortie, mais nul doute qu’il y en aura d’autres.

Uniquement instrumentale, la musique de Motodestra trouve sa base sur des guitares auxquelles viennent s’adjoindre claviers, boite-à-rythmes, percussion et basse. On navigue ici quelque part entre Album Leaf, Tristeza, Aerial M, Yellow6, Roy Montgomery et Durutti Column.

C’est à une musique très douce, mélodique, habitée d’une mélancolie légère et pastel à laquelle on a affaire ici. Un disque qui demande un certain recueillement, une bulle pour se révéler, se découvrir dans toute sa fragilité naïve.

Une fois à l’intérieur, ralenti, on n’a plus envie que cela s’arrête, on se ressource peu à peu. C’est comme fixer, accroupi, hypnotisé, l’écoulement de l’eau d’un ruisseau, sa transparence, le jeu du soleil dans les remous, les cailloux arrondis, les algues ondulantes et les poissons discrets et éternellement apeurés.

Du haut de ses dix titres et quarante minutes, «between 12th and freeways » débute avec un « Ds3d » qu’on croirait échappé de l’un des disques de Album Leaf. Motodestra signe ici une sublime introduction d’une minute à peine à son album, tout en rayons de soleil qui transpercent le feuillage des arbres et que le vent agite comme les cordes d’une harpe.

Il y a quelque chose de Hood – époque « the cycle of days and seasons » - et de Northern Picture Library - époque « Alaska » - sur « Uncertain Depth » : une sensibilité à fleur de peau, une façon de laisser les yeux se perdre dans le paysage. Une certaine tristesse chantonnante y est palpable tandis que des nuages blancs traversent le ciel en se déformant, roulant sur eux mêmes. On rêve en marchant sur un sentier de terre, oasis de quelques instants qu’il faudra rendre aux lieux avant de repartir sur nos pas. Motodestra touche au sublime.

" Flow (Era) » est de la même manière en tout point remarquable, posé sur une mélodie rythmique digne de Jimmy LaValle au dessus de laquelle une guitare reverbérée à la Roy Montgomery laisse s’échapper quelques traînées de sons tout en hauteurs. Voltiges fragiles comme celles d’une plume duveteuse tourbillonnant dans le vent.

Les allées empruntées au piano de « Seeing is forgetting » se révèlent plus sombres et mélancolique, comme la sensation de torpeur de certains dimanches après-midis. Heureusement, quelques papillons viennent égailler l’esprit et Motodestra sidère une fois encore par sa sensibilité et son sens infini des nuances et de la douceur.

Pour « Quarters », c’est plus d’une ballade entre Durutti Column et les Cocteau Twins qu’il s’agit, déambulation dans des jardins aux multiples fontaines cristallines. Beauté lumineuse à couper le souffle.

Par son sens rythmique et mélodique immédiat - sans céder pour autant un millimètre de sensibilité - « Lil’ Pad » ferait presque office de single idéal, si tant est que ce genre de musique donnait lieu à des singles. Nouveau bijou, dynamique cette fois, mais ultraléger comme une tête de pissenlit sur lequel on souffle pour en voir les graines disséminées par le vent dans des ballets aériens.

Flow (Evo) continue sur le même mode en peut-être un peu plus confus et rêveur, désorienté et complexe comme une réécriture, un remodelage de « Flow (Era) ». La plage titulaire, « between 12th and freeways » continue dans cette volonté de complexité des textures pour se rapprocher presque de ce que fait Chuzzlewit.

On s’approche peu à peu de la fin du disque avec une promenade de nuit d’été dans un jardin, retour d’instants de fraîcheur, verre de vin et paix intérieure avec « Some Nights it Seems ». Et l’album de se clore avec « Return To Ds3d », relecture brillante de l’intermède d’entrée.

Avec ce premier album CDR, Motodestra a déjà accompli la moitié du chemin pour devenir un mythe. Un disque précieux, un nom à s’échanger en secret. Quarante minutes de rêve émerveillé pour rendre la vie plus belle. L’éveil d’un talent désormais incontournable.

Bonne surprise ce disque est désormais téléchargeable gratuitement : http://www.motodestra.com/downloads.htm
Didier Goudeseune 02 Jul 05
 
 

 
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