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very hush hush, the - mourir c’est facile
very hush hush, the
mourir c’est facile
sao bento
2005
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raw translation
http://www.theveryhushhush.com/
http://www.saobentomusic.com/
: recommandé par dérives
Il y a un peu plus d’un an, The Very Hush Hush, de Denver dans le Colorado, mais transplanté depuis à San Francisco, avait laissé une très forte impression avec un premier ep autoproduit, ‘Washing songs’ qui les propulsait au rang des meilleures formations post-pop, rappelant certains chocs précédents qui nous avaient fait découvrir des gens comme Saso, Weevil ou Gregor Samsa.

Autrement dit, ce premier album, ‘Mourir c’est facile’ était en quelque sorte attendu comme le messie, une promesse d’album dans la lignée du ep qui nous laisserait sur le cul. La première écoute va être une belle désillusion parce qu’on ne retrouve plus grand chose de la fragilité mélancolique des débuts. Le premier sentiment de ceux pour qui le ‘washing songs’ était devenu un disque de chevet est de rejeter ‘mourir c’est facile’.

Et le chroniqueur que je suis de replacer le disque dans la pile pour y revenir deux semaines plus tard et laisser tourner dans un premier temps discrètement le disque à l’arrière plan sans trop plus en attendre grand chose.

C’est là, mis en minorité, que ‘Mourir c’est facile’ va peut à peu gravir les échelons sonores et capturer mon attention, s’il n’est en rien la suite de ‘Washing song’ c’est que The Very Hush Hush n’est plus tout à fait le même groupe esthétiquement parlant, il a subi une mue, comme ces insectes qui passent par différentes formes avant d’arriver à leur dernière phase adulte. Un peu comme Hood était passé sans palier de ‘The Cycle of Days and Seasons’ à ‘Cold House’.

En un sens, ‘Washing songs’ n’était qu’une étape dans le développement de The Very Hush Hush, ‘Mourir c’est facile’ n’en est que la seconde et l’on peut s’attendre à d’autres surprises pour la suite. Mais revenons-en au sujet. ‘Mourir c’est facile’ fait donc abstraction des portées éthérées, adolescente et sensibles du ep. Devenu duo, le groupe se révèle un disque beaucoup plus direct, exubérant, fiévreux, obessionel, sombre et inextricable.

Difficile aujourd’hui de les comparer à d’autres, peut-être à Black Moth Super Rainbow, au Disco Inferno de ‘D. I. go pop’ ou aux morceaux les plus noisy et sombres de Saso ? S’il faut choisir quelques mots pour définir ce disque, ce serait intense, original, imprévisible et sidérant. Il n’y a plus ici comme sur le ep la volonté évidente de produire et enregistrer quelque chose d’infiniment beau et sensible, plutôt celle d’aller au fond de certaines idées, boire à grandes lampées l’inspiration et façonner en écoutant l’instinct et les pulsions.

Après une écoute, ce disque était une déception ; après dix écoutes c’est une révélation, une vague haute qui nous emporte magistralement. Devant nous se dresse un grand disque ambitieux, mû par une démarche artistique quasiment suicidaire. Qui va l’écouter ? Qui va le comprendre ? Mais bon, n’est-ce pas une malédiction qui touche bon nombre des disques célébrés ici, « en marge du rock », comme nous définit l’Open Directory Project, alors repartons fièrement à la charge.

Premièrement pour mettre en relief que la très belle illustration de pochette – signée Ray Caesar http://www.raycaesar.com - , futuriste, poétique et organique correspond idéalement au contenu du disque, plus vital qu’intimiste, d’une complexité intelligente et d’une expression des plus intègres.

Les quatre premiers morceaux du disque sont repris sous le sous-titre de ‘Long life the new flesh’ et explorent des eaux voisines, saturées de sons, rapides et bouillonnantes, noires et inquiétantes comme les œuvres de Ray Caesar.

Le disque s’ouvre sur un ‘forever’ quasiment céleste, tout en samples et sons de claviers trafiqués, qui fleure bon l’ambiance de b.o. de vieux films américains, une voix masculine murmure en chantonnant.

On enchaîne avec ‘Slow destroyer’, à plusieurs années lumière du ep. Uptempo et dominé par des beats dansants, le morceau est diablement fluide comme de l’huile. Mais on reste à des années lumières de toute synth-pop à la Postal Service, The Very Hush Hush est beaucoup plus aventureux On n’est pas loin ici de certains morceaux de Black Moth Super Rainbow. “Eyes Become Rooms” suit les mêmes pulsions avec un je-ne-sais-quoi qui me rappelle le Primal Scream circa ‘Screamadelica’ dans cette façon brillante d’intégrer manipulations électroniques, batterie, chant new wave et guitares électriques. Mais c’est dans les mêmes eaux que ‘Every little’ clôt avec brio cette première partie de disque, sombre et addictif.

Sur la seconde partie de l’album, intitulée ‘lighting will guide you’, le duo laisse voir un jour plus apaisé, bien plus atmosphérique, mais toujours dans des teintes sombres. Tout débute avec un ‘The city light’ orchestré et planant, assez ambitieux dans sa réalisation, quelque part entre Bark Psychosis et Disco Inferno pour les couleurs mais avec des techniques de réalisation plus mordernes et digitales.

Par contre, ‘the outskirts’ va un peu trop loin dans la démesure pour moi : noir et glauque, malsain même, presque morbide, du genre à générer des crises de panique si écouté dans le noir. Ca va juste mieux sur l’éponyme instrumental ‘mourir c’est facile’.

On respire bien mieux sur l’éthéré et nocturne, presque romantique, ‘love, like love’. The Very Hush Hush y retrouve un peu de sa superbe d’antan, à nouveau touchant. Le très mélodique ‘Green’ voit le groupe enfin échapper à sa noirceur pour retrouver une mélancolie poignante et à fleur de peau, se révéler aussi, merveilleusement structuré et subtil, entre post-pop et shoegazing, capable de concurrencer un Hood. L’écoute de ce morceau et de celui qui suit, ‘Coup de main’, véritables sommets de l’album, permet de réaliser qu’il y a véritablement du génie à l’œuvre.

‘Mourir c’est facile’ n’est pas un chef-d’œuvre, c’est surtout un disque hors du commun d’un groupe follement original et dès lors on ne peut plus précieux. Recommandé.
Didier Goudeseune 05 Aug 05
 
 

 
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