Voici donc qu’arrive ce nouvel ep de Hood, enregistré et produit par Richard Formby (Dakota Suite) après une période de crise qui a vu le départ de certains membres, dont le batteur (membre de Famous Boyfriend et Remote Viewer) et la chanteuse (principale seconde voix et leader d’Empress)…
L’évidence s’impose rapidement : le groupe des frères Adams a très bien passé le cap en rebondissant une fois de plus là où on ne l’attendait pas.
« Home is where it hurts » est moins planant, ambient, slowcore, contemplatif que l’album qui le précède, « the cycle of days and seasons »…
Hood retourne vers un format presque plus indie pop, proche du « Rustic Houses, Forlorn Valleys », mais n’oublie pas pour autant un savoir-faire et une subtilité dans la production et le travail des paysages-émotions - qui les placent au dessus de la mélée des autres Mogwai, L’Altra, Godspeed ou A Silver Mt Zion..
La batterie – grande question - fait un sorte de pas de retrait pour laisser plus de place aux beats électroniques. Elle se repositionne, toujours aussi présente mais désormais plus ludique que facteur d’ordre.
« Home is where it hurts » est une lampée d’air frais déstabilisante… On n’est pas vraiment préparés à ce qu’à la fois, repères, sentiments, structures et émotions virevoltent ainsi hors de portée. On est comme un cerf-volant sur la plage, bousculé par un vent qui se réveille.. L’ombre des meilleurs singles de Disco Inferno est là présente.
Le cœur maintenant déshabillé, on est sans défenses face à un « the fact that you failed » qui nous fait nous sentir médiocres, tellement on a l’impression de ne pas mériter tant de beauté et de ne pouvoir assimiler une mélancolie si pure. Il y a un génie chez Hood qui rend leur musique plus grande que ce que nos oreilles peuvent entendre, des choses passent hors limites de nos vibrations émotionnelles, dépassent nos échelles d’intensités. Si on n’avait pas cette décence inculquée on pourrait terminer l’écoute de ce morceau terrassés, pleurant couchés au sol…
« Cold fire woods of western lanes » court comme ces autoroutes traversées à cent à l’heure sous la pluie et le vent. Entre quelque chose qu’on laisse et veut oublier derrière nous et un devant qu’on ignore encore et qu’on ne peut que supposer… Le bonheur dans la fuite et la vitesse, l’éclair d’un regard, ce qui est important face à tout ce qui ne l’est pas. L’impression d’agiter un filtre fugace qui révèle le bonheur et laisse un manque ensuite…
« The world touches too hard » mélangeant Third Eye Foundation et les ambiances Factory (New Order, Durutti Column) semble la seule rémanence de l’album précédant.
« It’s been a long time since I was last there » nous laisse reposer sur des draps neufs, dans une chambre inconnue à la blancheur aveuglante, l’impression de voir son futur en transparence, de le deviner au milieu d’éblouissements, de réjouissances, de renoncements, d’exaltations, de joies et de peines futures.
Hood a sorti un nouveau maxi et personne n’a rien compris, car rien n’est à comparer ici. Une avancée, une jetée sur la mer de l’inconnu.
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